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Royer-Collard: un homme de parole (fin)
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«Il n’en est pas des procès de la presse comme des autres: les délits n’étant ni définis, ni définissables, les jugements ne sont pas écrits d’avance dans la loi: ils sont rendus par l’équité naturelle du juge; et son équité est dans son opinion, que l’opinion publique éclaire toujours.»
– Moniteur, 15 février 1827, p. 232
«L’oppression de la presse, appuyée sur la maxime que vous avez entendue, n’est rien moins que le manifeste d’une vaste tyrannie, qui contient en principe toutes les oppressions, et qui les légitime toutes.»
– Moniteur, 15 février 1827, p. 232
«Avec la liberté étouffée doit s’éteindre l’intelligence, sa noble compagne. La vérité est un bien, mais l’erreur est un mal. Il ne faut pas ménager le bien, quand on attaque le mal. Périssent donc ensemble et l’erreur et la vérité! Comme la prison est le remède naturel de la liberté, l’ignorance sera le remède nécessaire de l’intelligence. L’ignorance est la vraie science de l’homme et de la société.»
– Moniteur, 15 février 1827, p. 232
«C’est qu’il y a au fond de toutes les tyrannies le même mépris de l’humanité, et quand elles daignent philosopher, ce mépris se déclare par les mêmes sophismes.»
– Moniteur, 15 février 1827, p. 232
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«L’entreprise est laborieuse, et il ne sera pas facile de la consommer. À l’avenir, il ne s’imprimera pas une ligne en France, je le veux. Une frontière d’airain nous préservera de la contagion étrangère; à la bonne heure. Mais il y a longtemps que la discussion est ouverte dans le Monde entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux. Elle remplit d’innombrables volumes, lus et relus, le jour et la nuit, par une génération curieuse. Des bibliothèques, les livres ont passé dans les esprits. C’est de là qu’il vous faut les chasser. Avez-vous pour cela un projet de loi? Tant que nous n’aurons pas oublié ce que nous savons, nous serons mal disposés à l’abrutissement et à la servitude.»
– Moniteur, 15 février 1827, p. 232
Aller plus loin
Pierre-Paul Royer-Collard n’a publié aucun titre de son vivant. Un ouvrage, paru en 1949 et qui n’aurait été tiré qu’à 2 000 exemplaires, nous permet toutefois de revisiter ses principaux discours à propos de la liberté de presse et de la démocratie. De la liberté de la presse – Discours nous a permis d’établir le présent dossier. Il ne semble y avoir aucun écrit récent à propos de la vie et de l’oeuvre de Royer-Collard. On peut toutefois se rabattre sur l’un des ouvrages que lui consacrèrent quelques auteurs du XIXe siècle que l’on retrouvera en bibliothèque ou chez le bouquiniste.
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Références bibliographiques
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Ouvrages généraux
MOREAU, Henry, Royer-Collard et la Restauration, Paris, C. Douniol, 1859.
PHILIPPE, A., Royer-Collard, sa vie publique, sa vie privée, sa famille, Paris, M. Lévy Frères, 1857.
ROYER-COLLARD, Pierre-Paul, De la liberté de la presse – Discours, Paris, Librairie Médicis, 1949.
SPÜLLER, Jacques-Eugène, Royer-Collard, Paris, Hachette, 1895. |
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